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L’Oxford Internet Survey : 15 ans d’analyse des implications sociétales d’internet au Royaume-Uni

L’Oxford Internet Institute a été fondé en 2001 au sein de l’université d’Oxford. Ce centre de recherche étudie les implications sociétales d’internet. L’Oxford Internet Institute est membre du World Internet Project. Il réalise l’Oxford Internet Survey tous les deux ans pour mesurer l’évolution de la société numérique en Grande-Bretagne. Le rapport 2015 devrait paraître sous peu ; en attendant nous proposons de revenir sur les éléments saillants du rapport 2013.

Principaux résultats

Le rapport 2013 de l’Oxford Internet Survey dévoile plusieurs éléments clés de l’évolution de la société numérique en Grande-Bretagne.

  • La fracture numérique se réduit

78% des plus de 14 ans utilisent internet (contre 73% en 2011, 67% en 2007) et la fracture numérique se réduit, notamment grâce à l’augmentation de l’accès à internet pour les catégories à faibles revenus, les personnes sans qualification, les retraités et les personnes atteintes de handicap.

  • Les cybermodérés, catégorie dominante des cultures de l’internet

L’introduction propose une analyse des résultats de l’étude par le prisme des cultures de l’internet. Une typologie composée de 5 catégories de culture des usagers d’internet a pu être

graphique de répartition des utilisateurs par type de culture de l'internet

établie ; elle distingue les e-mersifs (12%), les tehcno-pragmatiques (17%), les cyber-avisés (19%), les cyber-modérés (37%), et les a-digitaux (14%).  Les internautes sont regroupés en 5 catégories d’après leurs convictions et leur attitude : la catégorie la plus importante est celle des « cybermodérés ». L’étude souligne que les cultures ont largement évolué entre les débuts d’internet où les communautés d’internautes étaient réduites et se définissaient comme les pionniers d’internet tandis que depuis le début du 21ème siècle, la culture d’internet s’est diffusée au grand public. Une partie de la culture « pionnière » existe encore, mais d’autres cultures ont émergé ; aujourd’hui la proportion de hackers est quasiment nulle.

  • Les convictions et les attitudes vis-à-vis d’internet sont stables

En 2013, l’étude constate que les proportions des convictions et attitudes vis-à-vis d’internet sont extrêmement stables dans le temps grâce à la méthode d’enquête employée qui permet de suivre des individus sur le temps long. Mais malgré tout, certains items évoluent : moins de gens considèrent qu’il y a trop de contenus immoraux sur internet en 2013.

  • Les utilisateurs d’internet nouvelle-génération représentent les 2/3 des utilisateurs

La catégorie des utilisateurs nouvelle génération a été mise en avant dans l’édition 2011 du rapport Oxford Internet. La particularité de cette catégorie est la manière dont elle accède à internet : l’utilisateur nouvelle génération se connecte à partir de plusieurs appareils portables. Cette tendance est observée depuis 2007. En 5 ans, la proportion d’utilisateurs nouvelle-génération a plus que triplé.

graphique Utilisateurs d'internet nouvelle génération

  • Les usages évoluent lentement

L’utilisation des réseaux sociaux se stabilisent à 61% des utilisateurs tandis que l’utilisation des services d’e-administration continue de progresser.

L’utilisation d’internet et des médias sociaux sont complémentaires des modes de communication traditionnels plus qu’ils ne les remplacent. Ils modifient néanmoins les relations sociales, en permettant notamment de rencontrer plus facilement de nouvelles personnes.

  • Les bénéfices perçus de l’utilisation d’internet augmentent chez les utilisateurs nouvelle génération

Une nouvelle fracture numérique apparaît, entre les utilisateurs de première et de nouvelle génération. Ces derniers bénéficient d’un meilleur accès internet et perçoivent davantage de bénéfices liés à leur utilisation d’internet.

  • « Le gouvernement régule suffisamment internet » aux yeux des utilisateurs

La majorité des utilisateurs pense que le gouvernement pas besoin de réguler davantage internet. Néanmoins une proportion croissante estime que la protection des enfants sur le net est un sujet de la responsabilité du gouvernement.

  • Les non-utilisateurs le sont majoritairement par choix

    Graphique Répartition des catégories d'utilisateurs et non-utilisateurs d'internet

Le choix-numérique se définit comme la volonté affirmée de se connecter ou non à internet. La plupart des personnes n’utilisant pas internet le font par choix ; ce fait souligne l’importance de la catégorie des non-utilisateurs dans l’analyse de l’adhésion de la population à internet.

 

Des entretiens réalisés en face à face pour une approche extensive des usages

Depuis 2003, l’enquête est réalisée tous les 2 ans auprès de 2000 personnes (« core survey »), auxquelles il faut ajouter 500 personnes vivant en zones rurales (booster sample) dans des entretiens en face à face, à domicile. D’une durée de 40 minutes environ, ils couvrent les enjeux des usages de manière extensive : usages, compétences, travail, usages civiques, accompagnement et médiation. Cette méthodologie est rare car plus coûteuse et plus contraignante. Elle est néanmoins nécessaire lorsque la durée de l’entretien excède 30 minutes.

Les questionnaires guidant les entretiens sont disponibles et téléchargeables sur internet.

Une partie des personnes de l’échantillon sont interrogées d’une enquête à l’autre. Cette méthode permet de mesurer les évolutions des convictions ou des habitudes.

Le périmètre de l’enquête comprend, l’Angleterre, l’Ecosse et le Pays de Galle.

Plusieurs typologies sont proposées dans l’étude de 2013 : l’une correspondant aux « cultures de l’internet » (e-mergés, modérés, intéréssés par le numérique, pragmatiques, a-digital), une autre différenciant les générations d’usagers (non-utilisateurs, ex-utilisateurs, première génération, génération suivante). Ce travail témoigne du travail d’analyse approfondi mené à chaque enquête par les chercheurs de l’institut internet d’Oxford.

Un institut de recherche en pointe sur l’aspect sociétal d’internet

Fondé en 2001, l’institut Internet d’Oxford (« Oxford Internet Institute ») est un département de la Division des Sciences Sociales de l’Université d’Oxford. A ce titre, il héberge un centre de recherche, propose un cycle de Master The Social Science of the Internet depuis 2009, un programme de Doctorat Information, Communication et les sciences sociales, et des activités de dissemination des résultats de la recherche vers le secteur public et privé, Il fait partie des instituts de recherche en pointe sur l’étude pluridisciplinaire des implications sociétales d’internet en Royaume-Uni, en Europe et dans le monde et est l’un des membres influents du World Internet Project.

L’équipe de l’OII est composée de 44 personnes, parmi lesquelles 10 professeurs, 17 chargés de recherche, 10 chercheurs, 5 assistants de recherche, 3 post-doc et 3 doctorants. Un data scientist fait également partie de l’équipe. La pluridsciplinarité, les profils internationaux mais aussi les moyens de l’OII (10 millions de livres sterling de la Shirley Foundation et 5 millions de fonds publics) en font un centre de recherche de référence.

Des articles sont régulièrement publiés et cités et permettent de valoriser les résultats de recherche au fur et à mesure. Les 8 thèmes de recherche couvrent un large spectre des enjeux sociétaux du numérique : Economies numériques, Connaissance et culture numérique, Politiques numériques et gouvernements, Education, vie numérique et bien-être, Ethique et philosophie de l’information, Information géographique et inégalités, Gouvernance de l’information et sécurité, Social data science.

A propos de l'auteur

L'Agence du Numérique

L’Agence du numérique a pour ambition de préparer, avec ses partenaires publics et privés, l’ensemble de la société française à la révolution numérique pour que notre pays soit prêt à en saisir les opportunités, tant en termes de croissance et d’emplois que d’efficacité des services publics, d’aménagement du territoire et de renforcement du lien social.

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