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Impact politique, fiabilité de l’information…ce que les Américains pensent d’internet

Comme à chaque édition depuis 2000, le Digital Future Report examine l’évolution des usages et opinions des américains vis-à-vis des nouvelles technologies. Ce rapport est produit par le Center for the Digital Future, centre de recherche et d’analyse des politiques publiques au sein de l’école de journalisme et de communication Annenberg au sein de l’Université de Californie du Sud (USC).

L’étude est divisée en 5 grandes thématiques : utilisateurs et non-utilisateurs d’internet, utilisation des médias et confiance, comportement des consommateurs, schéma de communication, effets sociaux. Elle comprend 182 questions.

Voici les grandes tendances se dégageant du rapport 2016 :

1. Internet de plus en plus important dans le processus politique américain
Le rapport 2016 souligne les grandes tendances de la société numérique américaine. En premier lieu, l’importance croissante d’internet dans le processus politique, tant pour la connaissance que pour l’autonomisation des personnes (« empowerment« ). En effet 41% disent qu’internet va accroître la prise en compte de l’opinion publique par les politiques, 69% qu’internet aide les gens à mieux comprendre la politique, 41% qu’internet permet aux gens d’intervenir plus facilement dans les actions du gouvernement, et 45% que chacun peut gagner en influence politique grâce à internet.

80% des internautes disent qu’internet est devenu plus important pour les campagnes électorales. Le rapport met en parallèle le déclin des médias traditionnels (25% ne regretterait pas l’édition papier de leur journal si celle-ci venait à disparaître) pour conclure que qu’internet joue un rôle de plus en plus important en communication politique.

2. L’information en ligne perçue comme partiellement fiable
Les internautes se fient de moins en moins à l’information qu’ils trouvent en ligne.

40% des internautes disent que la plupart ou toute l’information en ligne est fiable (en baisse) mais l’information disponible sur les réseaux sociaux est pas ou peu fiable d’après 48% des internautes. Par ailleurs, même les moteurs de recherches et les sites officiels sont de moins en moins perçus comme des sources fiables d’information. Dans le même temps 85% disent qu’internet est une source d’information « importante » ou « très importante ».

3. Les non-internautes le sont de plus en plus par conviction
Parmi les non-utilisateurs d’internet, seuls 25% y sont déjà allé avant, le taux le plus bas de l’histoire des enquêtes. Le fait de ne pas aller sur internet est relativement corrélé à l’âge ; néanmoins 19%  des non-utilisateurs de 35 à 54 ans disent qu’ils ne sont pas intéressés par internet. Pour les non-utilisateurs de plus de 55 ans, l’absence d’accès à internet est la première raison avancée (33%, devant les compétences ou l’intérêt).

4. Pas plus de régulation d’internet mais moins de tolérance sur les idées exprimées
Un petit pourcentage d’Américains pensent que le gouvernement devrait réguler internet davantage ; ce pourcentage est en baisse par rapport à l’année précédente. 38% sont d’accord avec l’affirmation qu’il est sans danger d’exprimer son opinion politique sur internet (légèrement moins que l’an passé). 71% considèrent qu’il faudrait être libre de critiquer le gouvernement sur internet (en légère baisse également). Mais ce chiffre passe à 56% lorsqu’il s’agit d’exprimer des idées même extrêmes (en baisse de deux points) et 26% sont contre (en augmentation).

5. La nature conflictuelle entre internet et les relations sociales
Les études du Digital Future project continuent de constater un fort contraste entre les comportements et les opinions sur la communication par internet et les réseaux sociaux.

Une part importante et croissante d’internautes considère que la technologie joue un rôle important dans leurs relations sociales : 60% disent qu’internet est important pour maintenir les relations sociales, et 65% ont le même avis concernant les textos.

Paradoxalement, les internautes déclarent passer moins de temps physiquement avec leur famille. Et 63% (3ème année de hausse consécutive) disent avoir déjà été ignoré à cause du temps passé sur un appareil mobile par un membre de leur foyer.

Quelques chiffres en supplément
On découvre dans cette enquête que 90% des américains utilisent internet (67% en 2000), à raison de 23,5 heures par semaine (soit 2,5 fois plus qu’en 2000) dont 17,2 heures à domicile (6 fois plus qu’en 2000).

92% ont une connexion à domicile (sans compter la connexion mobile). 83% des internautes Américains se connectent avec leur téléphone mobile : cette part augmente chaque année. Pour 45% des Américains, le mobile est le terminal de connexion favori.

Les hommes sont plus nombreux à utiliser internet que les femmes (respectivement 92% et 88%). C’est une constante depuis le début des enquêtes du Digital Future Report.

L’utilisation d’internet augmente avec le revenu mais depuis 2014, plus des 3/4 des personnes gagnant moins de 30 000 dollars par an sont internautes.

Parmi les internautes, la proportion de ceux qui pensent qu’internet rend le monde meilleur descend à 51% et a perdu 7 points en un an. Au contraire, 16% pensent qu’internet fait aller le monde de moins en moins bien et cette proportion a tendance à augmenter.

Pour la première fois dans l’histoire des enquêtes du Digital Future, internet est considéré comme source de divertissement dans les mêmes proportions que la TV (75%).

44% des adultes disent que les enfants passent trop de temps en ligne (39% pour la TV et 36% pour les jeux vidéos).  86% des enfants disent qu’ils est très ou extrêmement important d’aller sur internet pour leur devoirs d’écoles. 54% des parents disent que l’utilisation d’internet a eu un impact positif sur les notes de leurs enfants. 48% des parents utilisent l’interdiction d’aller sur internet comme une punition.

 

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