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Impact du numérique et des robots sur l’emploi et la société : les Français plus réservés que les Européens  

Impact du numérique et des robots sur l’emploi et la société : les Français plus réservés que les Européens  

La Commission Européenne vient de publier les résultats d’une enquête menée auprès de 28 000 Européens pour saisir leurs attitudes face à la numérisation et à l’automatisation.

L’enquête portait sur les domaines suivants :

  • l’impact des technologies numériques sur la société, l’économie et sur la qualité de vie.
  • le sentiment de disposer ou non des compétences numériques pour travailler, se former et pour tirer parti des services publics en ligne.
  • la confiance accordée aux informations qui circulent sur les réseaux sociaux
  • l’utilisation des robots à domicile ou au travail.
  • les attitudes face aux robots et l’intelligence artificielle
  • l’utilisation des services de santé numérique et l’usage des données personnelles de santé
  • les précautions prises en matière de sécurité et de protection des données

Pour l’ensemble des questions posées, on observe d’importants écarts selon les pays, le niveau d’éducation, l’âge, le niveau de revenu ou les catégories socioprofessionnelles.

Impact du numérique : un jugement nuancé des Européens, plus réservé en France

75 % des Européens interrogés estiment que « les technologies numériques les plus récentes ont un impact positif sur l’économie ». 67 % jugent cet impact positif sur leur qualité de vie et 64 % sur la société. Les Français sont en retrait par rapport sur ces trois questions : 62 % pour l’économie, 58 % pour la qualité de vie et 53 % pour la société.

Une des questions de l’enquête portait sur la question de savoir qui, des entreprises, des gouvernements nationaux ou de l’Union Européenne « est le mieux placé pour prendre des mesures efficaces pour traiter de l’impact de ces technologies numériques les plus récentes ».

La réponse des Européens est ambiguë : ils placent les entreprises en tête (20 %), les gouvernements au second rang (16 %) et l’Union européenne au 3e (13 %). Les Français, en revanche,  placent les gouvernements en tête (23 %), les entreprises en second (20 %) et, comme l’ensemble des Européens, l’UE au troisième rang (13 %).

Ambivalence des Européens face aux robots et à l’intelligence artificielle

C’est la troisième fois que la Commission européenne entreprend de sonder les attitudes des Européens face aux robots. Elle l’avait fait en 2012 et 2015.

En 2017, la problématique des robots a été étendue à l’intelligence artificielle.

La question « de façon générale, avez-vous une image très positive, plutôt positive, plutôt négative ou très négative des robots et de l’intelligence artificielle ? » enregistre au fil des années des réponses de plus en plus réservées. Les jugements positifs sont passés en Europe de 70 % à 61 % en cinq ans. Les Français amplifient le mouvement : seuls 55 % d’entre eux ont une image positive des robots en 2017.

En 2017, 84 % des Européens interrogés conviennent que « les robots sont nécessaires parce qu’ils peuvent effectuer des tâches qui sont trop difficiles ou dangereuses pour les gens » (83 % en France). 68 % jugent que « les robots et l’intelligence artificielle sont une bonne chose pour la société, parce qu’ils aident les gens à faire leur travail ou à effectuer des tâches quotidiennes à la maison » : ils ne sont que 59 % et en France.

88 % des européens estiment que « les robots et l’intelligence artificielle sont des technologies qui nécessitent d’être gérées avec prudence » : 93 % en France.

En 2012 comme en 2014, 70 % des Européens avaient jugé que « les robots volent les emplois ». En 2017, leur proportion passe à 72 % (75 % en France).

74 % pensent « l’utilisation des robots et de l’intelligence artificielle va supprimer plus d’emplois qu’elle ne va en créer » (75 % en France).

44 % des Européens pensent que « leur travail actuel pourrait être fait par un robot ou par une intelligence artificielle à l’avenir » : ils ne sont que 37 % en France.

Les Européens admettent majoritairement qu’ils se sentiraient « plutôt mal à l’aise » s’ils devaient « se faire opérer par un robot » (52 %), s’ils étaient amenés à « utiliser un robot pour leur tenir compagnie s’ils sont infirmes ou âgés » (50 %), ou « pour se déplacer à bord d’une voiture sans chauffeur dans la circulation » (58 %). Les Français éprouvent des sentiments assez proches de l’ensemble des Européens : 52 %, 51 % et 65 %.

La perspective de se « faire assister par un robot au travail » suscite un sentiment de malaise chez 35 % des Européens : ce sentiment concernerait 49 % % des Français.

Les Européens confiants dans leurs compétences numériques

La Commission souhaitait savoir si les citoyens européens se jugeaient suffisamment compétents dans l’utilisation des technologies numériques : dans la vie quotidienne, pour se former, au travail.

71 % des Européens interrogés se considèrent suffisamment qualifiés pour tirer parti du numérique dans leur vie quotidienne (70 % des Français), 65 % pour accéder aux services publics en ligne (54 % des Français) et 64 % pour bénéficier des possibilités d’apprentissage en ligne (58 % des Français).

Parmi ceux qui travaillent, 80 % (70 % des Français) estiment qu’ils maîtrisent suffisamment les technologies numériques dans le cadre de leur travail et 73 % s’ils devaient changer d’emploi au cours des prochains mois (75 % des Français).

Érosion de la confiance dans les réseaux sociaux

L’enquête a été réalisée en mars 2017 : elle fait écho aux questions soulevées par l’usage massif des réseaux sociaux et la propagation de fausses nouvelles pendant la campagne présidentielle aux États-Unis.

La Commission a entrepris de mesurer la confiance que les Européens inscrits sur des réseaux sociaux accordent aux informations qui y circulent au travers de la question suivante : « Lorsque vous voyez ou lisez une histoire publiée sur les réseaux sociaux en ligne, qu’est-ce qui vous fait considérer que cette histoire est fiable ? ».

17 % des Européens interrogés jugent cette histoire fiable « s’ils font confiance à la personne qui l’a partagée» (12 % en France), 19 % si « l’histoire semble bien référencée » (16 % en France), 36 % si « l’histoire provient d’une source fiable – média marque ou organisation » (41 % en France). Aux 7 % qui « considèrent généralement que les histoires publiées sur les réseaux sociaux en ligne sont fiables » (5 % en France) s’opposent les 32 % qui les jugent non dignes de confiance (39 % en France).

36 % des utilisateurs des réseaux sociaux interrogés déclarent déjà « utilisé un site Internet de vérification des faits (fact-checking), par exemple pour vérifier si une histoire lue sur les réseaux sociaux en ligne était fiable ». Ils ne sont que 24 % en France.

Une série d’enquêtes en 2016 et 2017 avait déjà mis en relief l’érosion de la confiance des Français face aux contenus diffusés sur les réseaux sociaux.

Les Français plus disposés que les Européens à partager leurs données de santé

Interrogés sur leur propension à « donner accès à leurs renseignements personnels en matière de santé et de bien-être (données médicales et de soins, mode de vie, activité physique, nutrition, etc.) », 65 % des Européens sont disposés à le faire avec leur médecin ou un professionnel de santé (78 % en France).

Dès lors qu’elles sont anonymisées, 21 % des Européens interrogés seraient disposés à les communiquer aux pouvoirs publics ou à des entreprises du secteur public à des fins de recherche médicale (par exemple à des chercheurs qui élaborent de nouveaux traitements) 14 % à des entreprises du secteur privé à des fins de recherche médicale (par exemple, aux entreprises qui élaborent de nouveaux traitements) et seulement 5 % à des entreprises du secteur privé à des fins commerciales (par exemple  à des entreprises qui développent de nouveaux services liés à la santé). Même anonymisées.

23 % des Européens interrogés ne les communiqueraient en aucun cas. seuls 18 % des Français l’excluent.

Les Français se distinguent ici par une plus grande disponibilité à communiquer leurs données de santé : 78 % se déclarent disposés, dès lors qu’elles sont anonymisées, à les communiquer à leur médecin, 26 % aux pouvoirs publics ou à des entreprises du secteur public à des fins de recherche médicale et 19 % à des entreprises du secteur privé à des fins de recherche médicale.

Les internautes français plus attentifs aux mesures de vie privée et de sécurité

Toute une série de questions portaient, enfin, sur les mesures prises par les Européens pour préserver leur vie privée ou anticiper des incidents de sécurité.

45 % déclarent avoir installé un logiciel anti-virus, ou avoir changé de logiciel anti-virus (58 % en France). 28 % ont commencé à utiliser des mots de passe différents pour les différents sites Internet (29 % en France) et 35 % à n’ouvrir que les emails venant de personnes ou d’adresses qu’ils connaissent. 20 % déclarent avoir déjà changé les paramètres de confidentialité d’un navigateur, d’un réseau social ou d’un moteur de recherche (23 % en France). 39 % des Européens interrogés se déclarent moins susceptibles désormais de confier des informations personnelles sur les sites Internet (42 % en France).

27 % ont décidé de ne consulter que des sites Internet qu’ils connaissent et auxquels ils font confiance (32 % en France).

Cet Euromaromètre dessine un portrait en creux des attitudes et attentes des Français face aux transformations numériques en cours : ils amplifient le sentiment de défiance exprimé par les Européens : face à l’impact du numérique, face à l’automatisation (robots et intelligence artificielle), face aux réseaux sociaux. Ils sont plus attentifs aux mesures de vie privée et de sécurité. Ils semblent, en revanche, plus disposés que les Européens à partager leurs données de santé.

L’enquête a été menée par TNS en mars 2017 auprès de 28 000 personnes dans les 28 pays de l’UE.

A propos de l'auteur

L'Agence du Numérique

L’Agence du numérique a pour ambition de préparer, avec ses partenaires publics et privés, l’ensemble de la société française à la révolution numérique pour que notre pays soit prêt à en saisir les opportunités, tant en termes de croissance et d’emplois que d’efficacité des services publics, d’aménagement du territoire et de renforcement du lien social.

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