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85 % des internautes français se jugent à l’aise sur Internet… les compétences numériques restent cependant corrélées au niveau d’études

Au-delà des activités professionnelles et éducatives, qui exigent une maîtrise et une adaptation rapide à des usages divers et variés des outils numériques, toute une série de compétences numériques sont de plus en plus nécessaires pour participer et tirer pleinement parti de tous les aspects de la société numérique. “Pour monter dans l’ascenseur social numérique, il faut commencer par savoir manipuler les outils et les concepts fondamentaux du monde numérique dans lequel on vit” (Conseil National du numérique).

La mesure des compétences numériques donne lieu à de nombreuses initiatives.

Les compétences numériques des Français dans la moyenne européenne

La Commission européenne a mis au point un indicateur des compétences numériques (Digital Skills Indicator) qui repose sur 21 activités réparties en 4 domaines (information, communication, création et manipulation de contenus, résolution de problèmes). Cet indice permet d’exploiter et de mettre en perspective les données recueillies dans le cadre de l’enquête communautaire annuelle sur l’utilisation des TIC par les ménages et les individus. Eurostat a appliqué cette grille d’analyse aux données des enquêtes communautaires réalisées en 2015 et 2016.

Selon cet indice, la proportion de Français disposant de compétences numériques (85 %) quel que soit le niveau (faible, de base, avancé) se situe au-dessus de la moyenne européenne (78 %).

La proportion de français qui déclarent des compétences “de base” et “avancées” (57 %) se situe en revanche dans la moyenne européenne (55 %).

85 % des internautes à l’aise sur Internet

L’enquête Capacity, conduite en 2016 par le Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) M@rsouin, avec le soutien de l’Agence du numérique, intégrait une série de questions afin de cerner les compétences numériques des 2000 personnes interrogées.

Parmi les internautes, 32 % se jugent très à l’aise, 53 % à l’aise et 13 % peu à l’aise.

Le volet compétences de cette enquête prenait en compte 21 activités, réparties en cinq types de compétences numériques : opérationnelles, informationnelles, sociales, créatives, mobiles. Les internautes étaient invitées à évaluer leurs compétences sur une échelle de 4 : “Cela me ressemble, Cela me ressemble plutôt bien, cela me ressemble assez peu, cela ne me ressemble pas du tout”.

Le tableau des niveaux de compétences perçus ne révèle pas de surprise.

Les compétences déclarées par une très large majorité de personnes (total des réponses “cela me ressemble un peu” et “cela me ressemble beaucoup”) correspondent, pour l’essentiel, aux usages numériques les plus couramment pratiqués : il s’agit d’usages enracinés depuis de longues années comme le courrier électronique (envoyer un e-mail, joindre un document à un e-mail), le recours à des moteurs de recherche (trouver facilement les bons mots-clés, rechercher de l’information en ligne) ou d’usages plus récents mais banalisés comme la participation aux réseaux sociaux (contrôler avec qui je partage du contenu ou des informations, s’inscrire sur un réseau social en complétant mon profil et en le paramétrant) ou la recherche d’itinéraires et la géolocalisation.

Parmi les compétences déclarées par une très large majorité figurent, en outre, celles qui sont très directement liées à aux fonctions de base de l’ordinateur (ouvrir un fichier téléchargé, se connecter à un réseau WIFI, télécharger et installer un logiciel sur un ordinateur) ou au smartphone (installer des applications sur un smartphone).

Parmi les compétences qui ne sont maîtrisées que par une minorité ou une minorité très étroite figurent quatre des cinq compétences qualifiées par l’enquête Capacity de “créatives”: mettre en ligne du contenu (40 %), créer quelque chose de nouveau à partir d’images, de musiques ou de vidéos (39 %), créer un site web (14 %) ou coder (programmer) dans un langage informatique (9 %).

Un examen plus approfondi des réponses met en relief des écarts significatifs selon le sexe, l’âge, le niveau d’éducation ou les niveaux de revenus. L’exploitation en profondeur des résultats de l’enquête Capacity donnera lieu à de nouvelles analyses et a des publications au cours des prochains mois par l’équipe Capacity. A noter que les données de l’enquête sont disponibles sous forme de fichiers réutilisables sur data.gouv.fr et depuis ShinyMarsouin au format CSV.

Les niveaux de compétences numériques fortement corrélés au niveau d’études

A partir de l’ensemble des questions portant sur les différents types de compétences (opérationnelles, informelles, sociales, créatives et mobiles) de l’enquête Capacity, les chercheurs du GIS Marsoin ont calculé un score de compétences numériques en quatre niveaux. Ce score a été construit en additionnant les réponses pour attribuer un score de 1 à 21 à chacun des répondants).

Les premières analyses mettent en relief un écart dans les niveaux de compétences en fonction du niveau d’étude :

  • Près de 60 % des internautes ayant un niveau d’étude correspondant au collège se situent au niveau de compétences numériques le plus bas, tandis qu’on y trouve à peine 15 % des internautes diplômés du supérieur.
  • Inversement, seuls 13 % des internautes ayant un niveau d’étude correspondant au collège (et 14 % au CAP-BEP) se situent dans le niveau de compétences numériques supérieur (niveau 4), alors que les internautes diplômés du supérieur y sont à 37 %

Compétences perçues et profils d’internautes

Ce score de compétences a été utilisé par les auteurs de l’enquête Capacity pour construire 4 profils d’internautes.

Les hyperconnectés (31 % des internautes) ont de nombreuses compétences en informatique et se sentent très à l’aise avec Internet. Internet leur sert à la fois d’outil d’apprentissage, de communication, de divertissement, d’information et de consommation. Une partie d’entre eux ont un certificat attestant de leur compétence numérique de type C2i (30 %). Cette classe est dotée d’une population plutôt jeune : 28 % de 18-24 ans et 29 % de 25-34 ans, avec une surreprésentation des étudiants (23 % dans cette classe contre 10 % dans la population française). C’est aussi le cas des cadres (19 %) et des professions intermédiaires (21 %). Leur niveau d’étude se situe principalement dans l’enseignement supérieur (court pour 29 % d’entre eux, long pour 37 %). Enfin, la population de cette classe est plutôt masculine (61 % d’hommes et 39 % de femmes).

Les « utilitaristes » du numérique (38 % des internautes) se déclarent à l’aise dans leur utilisation d’Internet et déclarent de bonnes compétences en informatique. De manière générale, ils ont un usage d’Internet moins intensif que les « hyperconnectés ». Cette classe est plutôt féminine (59 % de femmes). Les employés y sont les plus nombreux et sont légèrement sur-représentés (22 % contre 17 % dans la population totale), ainsi que les 35-49 ans (32 % contre 28 %) et les détenteurs d’un niveau d’étude CAP/BEP (29 % contre 25 %).

Les internautes « traditionnels » (17 % des internautes) ont un niveau de compétences assez faible, quand on considère l’ensemble des tâches qu’ils se disent capables de faire en ligne, mais ils se sentent néanmoins à l’aise dans leur utilisation d’Internet (à 70 %). Ils utilisent Internet principalement à des fins de communication et d’information. Pour une partie d’entre, ils l’utilisent également pour le divertissement et l’apprentissage, même si la diversité de leurs pratiques à ces fins est plus réduite que pour les profils précédents. Leurs pratiques numériques s’approchent d’usages désormais traditionnels d’Internet.

Cette classe est constituée de personnes relativement âgées, avec une surreprésentation des plus de 65 ans (35 % contre 15 % dans la population totale), des 50-64 ans (38 % contre 24 %). Les retraités y sont donc sur-représentés (38 % contre 18 %).

Les « internautes distants » (14 % des internautes) se distinguent par leur faible aisance sur Internet : ils déclarent savoir faire beaucoup moins de tâches sur Internet que les autres internautes, et la majorité d’entre eux (63 %) ne se sentent pas à l’aise dans leur usage d’Internet. Ils s’en servent pour se divertir et pour apprendre, et un peu moins pour consommer, s’informer ou communiquer. Cette population est, comme celle de la classe précédente, plutôt âgée : 33 % ont plus de 65 ans et 39 % entre 50 et 64 ans. Leur niveau d’étude est plutôt bas : 26 % ont un niveau élémentaire ou collège, 40 % un niveau CAP/BEP. Les retraités y sont sur-représentés (34 %) ainsi que personnes sans activité professionnelle (16 %) et les ouvriers (20 %).

Près d’un Français sur 5 a passé une certification

Parmi les utilisateurs d’Internet, 14,5 % ont passé, selon l’enquête Capacity, une certification (ou un diplôme) attestant de leurs compétences en informatique (par exemple B2i, C2i, Passeport Internet Multimédia, Visa Internet, etc.).

Parmi ceux qui ont passé une certification, 18 % l’ont fait dans le cadre de leurs études en informatique, 70 % parce que c’était une obligation dans le cadre scolaire/universitaire, 6 % parce que c’était une obligation dans le cadre d’une recherche d’emploi, 6 % car cela leur a été proposé par une structure publique (CAF, pôle emploi, association, ou autre). 10,5 % ont souhaité passer cette (ou ces) certification(s), de manière volontaire, pour se perfectionner ou pour avoir plus de chances sur le marché de l’emploi.

A propos de l'auteur

L'Agence du Numérique

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