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Les Français quatrièmes contributeurs à la carte collaborative OpenStreetMap

Depuis 2004, le projet OpenStreetMap ambitionne de créer une carte du monde extrême précise issue de l’intelligence collective et invitant les habitants à cartographier eux-mêmes leur rue, leur quartier ou leur commune.

Il existe de nombreuses façons de contribuer au projet OSM. La contribution simple vise la correction des erreurs repérées et concernant une rue ou la localisation d’un bâtiment mais également l’ajout de nouvelles informations (nom de rue, sens unique, oubli d’un tracé quelconque, points d’intérêts, restaurants, écoles….), le tracé de nouveaux objets à partir d’images aériennes, d’enregistrement GPS, de photos ou tout autre élément géolocalisable.

En France, des milliers de contributeurs en France ont cartographié en détail des pans entiers de notre territoire.

Les contributeurs peuvent être de simples personnes ou des institutions. Ces dernières peuvent contribuer en fournissant des données. C’est le cas, en France, de la communauté urbaine de Brest, des villes de Nantes, Rennes, Toulouse ou Montpellier, des régions comme l’Auvergne ou de certaines administrations (la Direction Générale des Impôts pour le cadastre).

La communauté OpenStreetMap comptait dans le monde  20 000 membres enregistrés en 2008, 500 000 en novembre 2011, 1 000 000 en décembre 2012 : le cap des 4 millions a été franchi en juillet 2017.

Le nombre de contributeurs actifs dans le monde oscille, selon les mois, entre 40 000 et 50 000 (soit 1 % des utilisateurs enregistrés).

Un chercheur à l’Université Boulder (Colorado, Jennings Anderson, a entrepris en 2016 d’évaluer, avec le concours de la société MapBox, le nombre de contributeurs par pays et par année.

40000 contributeurs en France en 2016

Selon Jennings Anderson, la France comptait en 2016 près de 40 000 contributeurs (3000 par mois) ce qui la situait au troisième rang, derrière l’Allemagne (84 382 contributeurs) et les États Unis (69 423).

On dispose, par ailleurs, grâce à Pascal Neis, de statistiques quotidiennes sur les modifications (ajouts ou corrections) dans la base de données OpenStreetMap ainsi que sur l’origine géographique de leurs auteurs.

Le 1er juillet 2017, parmi les 3143 contributeurs à OpenStreetMap dans le monde, 170 étaient basés en France (5,4 % du total), derrière les contributeurs basés en Allemagne (437 contributeurs, 13,9 % du total), aux États-Unis (214, 6,8 %) ou en Russie (207, 6,6 %).

Autour de 170 contributeurs chaque jour en France

Pour retracer l’évolutions du nombre de contributeurs chaque jour en France sur 6 ans (2011-2017),  nous avons retenu la journée du 1er juillet. Le nombre de contributeurs quotidiens français ou basés en France est passé de 142 le 1er juillet 2011 à 211 le 1er juillet 2013 pour retomber à 170 le 1er juillet 2017.

Toujours pour cette journée du 1er juillet, on observe une baisse régulière du nombre de nœuds créés : leur nombre passe de 328 975 le 1er juillet 2011 à  dix fois moins six ans plus tard (31 826). Cette baisse est logique dès lors que le territoire national est désormais assez largement documenté. Symétriquement, le nombre de corrections (nœuds modifiés) a doublé sur la même période : on enregistrait  16 161 corrections le 1er juillet 2011,  31 826 créations six ans plus tard.

Cette infographie de Jennings Anderson illustre l’activité des 170 à 200 contributeurs quotidiens en France depuis 2006.

Les contributeurs OpenStreetMap : 38 ans en moyenne et diplômés

“En dépit d’un nombre croissant de travaux de recherche se concentrant sur les données – explorant leur qualité (géométrique, sémantique) et leur fiabilité – la population des contributeurs reste encore aujourd’hui mal connue”. Trois chercheurs, Marina Dufeal, Camille Joncheres, Matthieu Noucher, ont entrepris, en 2016, dans le cadre du projet ECCE CARTO, d’étudier la communauté OpenStreetMap en France.

Leur enquête repose, notamment, sur un questionnaire. Les 298 réponses obtenues ont permis de dresser un portrait des contributeurs : masculin (88 % des répondants), 38 ans en moyenne, d’un niveau de qualification élevé (58 % des répondants ont au moins un niveau Master), occupant un poste d’ingénieur dans le privé (31 % des répondants) ou dans la fonction publique (14 %).

Plus de 40 % des répondants résident dans une commune de plus de 100 000 habitants alors que la moyenne nationale s’élève à 15 %.

Une analyse plus détaillée met en relief l’existence de deux grands groupes d’âge : le premier autour de 28/30 ans, le second autour de 42 ans.

Ce niveau de formation est fortement corrélé avec la profession exercée environ 46 % des contributeurs occupent des postes d’ingénieurs et cadres (dans la sphère publique ou dans celle d’entreprises), un peu plus de 10 % d’entre eux sont enseignants, 9 % techniciens et 7 % étudiants ou élèves.

Presque 60 % des répondants ont suivi une formation en informatique (dans le cadre de leurs études/activités professionnelles, 25 % des formations en géographie, géomatique et cartographie. Seuls 19 % des répondants n’ont suivi aucune formation dans ces trois domaines (que ce soit dans le cadre de leurs études ou de leurs activités professionnelles),

Plus de 50 % des répondants ont découvert OSM entre 2008 et 2010.

Près de 60 % des répondants déclarent avoir rencontré des personnes grâce à OSM et plus de 70 % déclarent avoir le sentiment de faire partie d’un collectif.

52 %) des répondants (52 %) participent à d’autres projets communautaires (Wikipédia, Media Commons, logiciels open source, projets Hot ou Open Food Fact).

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