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Ce que les données billettiques anonymisées peuvent nous apprendre sur les mobilités quotidiennes

Dans le cadre du projet  Mobilletic, les équipes de l’Ifsttar, de l’ENPC et du Cérema, ont exploité des données anonymisées fournies par Rennes métropole pour cerner les habitudes de déplacement des usagers des transports en commun.

Selon le Commissariat général au développement durable, qui publie cette étude, « l’analyse des déplacements s’appuie traditionnellement sur des enquêtes, par exemple auprès des usagers des transports collectifs, ou des conducteurs. Ces enquêtes présentent plusieurs avantages : elles couvrent tous les modes de transport, renseignent les motifs des différents déplacements, et contiennent également des informations sur les individus interrogés (genre, catégorie socio-professionnelle). En revanche, elles sont coûteuses et, de ce fait, ne sont réalisées qu’avec une longue périodicité (typiquement sept à dix ans entre deux enquêtes). Cette faible fréquence ne permet pas un suivi rapproché des évolutions de la mobilité et des politiques publiques visant à les infléchir ».

L’analyse des mobilités peut désormais s’appuyer sur les traces numériques générées lors de nos déplacements : les données billettiques, les traces GSM, Wi-Fi ou Bluetooth.

« Ces données, même si elles ne concernent que les déplacements en transport en commun, soit environ 10 % des déplacements quotidiens (dans le cas rennais), possèdent des avantages intrinsèques intéressants comme une grande finesse spatiale et temporelle et un biais de réponse très faible comparé à celui rencontré dans les données d’enquête ».

Les modèles statistiques mis au point par les chercheurs ont permis d’identifier, à partir des données billettiques brutes anonymisées, dix groupes d’usagers ayant des habitudes similaires  concernant l’utilisation des transports en commun.  « Les routines temporelles ainsi identifiées permettent de mieux caractériser la demande, et peuvent servir d’entrées aux modèles de simulation ; elles peuvent également être utilisées par les gestionnaires urbains et les opérateurs de transport pour des opérations de planification ».

Nombre de validations enregistrées sur le réseau rennais le lundi 2 juin 2014 entre 7 h et 8 h 

Un autre axe du projet consistait à étudier dans quelle mesure les données massives peuvent contribuer à l’évaluation de projets ou de politiques de transport, en considérant le cas du décalage des horaires de l’université de Rennes 2.

Un dernier enjeu du projet consistait à améliorer la connaissance des pratiques d’intermodalité. « Si aucune source de donnée ne permet de répondre à toutes les questions de mobilité, l’apport de la billettique pour l’analyse de l’intermodalité est conséquent. Il faut toutefois tenir compte de deux limites principales : d’une part, le temps de travail, souvent fastidieux, d’enrichissement et de prétraitement sans lequel il ne peut y avoir d’étude de l’intermodalité par les données billettiques ; d’autre part, le périmètre de l’intermodalité restreint « seulement » au bus et au métro qui constitue certes les plus gros volumes de correspondances, mais qui n’est pas l’intermodalité la plus problématique pour l’usager ».

Selon le Commissariat général au développement durable, ce travail « confirme l’opportunité des données massives pour l’évaluation de politiques publiques ». 

 

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